En 2022 résister ou lâcher prise ?

En 2022 Résister ou lâcher prise ?

Il y a trente-cinq ans, à la même date, j’étais en Ardèche. Nous nous nous étions retrouvés avec mes amis du spectacle pour fêter la nuit de la Saint Sylvestre. J’étais un jeune comédien utopiste, plein d’ambition et d’énergie. « Que peut-on se souhaiter pour cette nouvelle année ? » « Le succès de ma pièce », disait l’un, « Que je rencontre une femme ! » disait l’autre. « Plus d’argent, mais surtout la santé ! » demandait le troisième.

A haute voix, chacun, posait ses vœux, comme on dicte sa lettre au Père Noël. Ces souhaits étaient suivis de bonnes résolutions que personne ne suivait vraiment.

Aujourd’hui, la vie m’a appris au moins trois lois universelles, que j’applique au quotidien, pour que mes vœux se réalisent plus facilement.

La première est la loi du miroir. Ce qui nous arrive est avant tout le fruit de nos croyances. Tant que nous ne sommes pas conscients de notre valeur, par exemple, nous ne pourrons attirer l’abondance. Changer le monde, c’est changer ses propres croyances.

La seconde, est la loi de causalité. Chaque cause produit un effet et chaque effet est produit par une cause. Les fleurs qui poussent aujourd’hui ont été des graines semées hier.

La troisième enfin est la loi d’interdépendance. Nous sommes liés les uns aux autres, comme les vagues d’un même océan, ou les arbres d’une même forêt. Nous ne pourrons évoluer qu’ensemble. Aider les leaders autochtones d’Amazonie, c’est prendre soin de notre propre jardin et prendre soin de soi, c’est prendre soin du monde.

Alors que beaucoup terminent cette année dans la peur, la résignation, ou le cynisme, que peut-on se souhaiter pour 2022 qui fasse naître dans nos cœurs l’espoir, la joie et la confiance ?

Résister ou lâcher prise ?

Depuis deux ans, nous avons tous été abasourdis, déboussolés par cette épidémie d’abord, puis par ces injonctions paradoxales et ces consignes qui virent à l’absurde. Nous ne sommes plus dans une crise sanitaire, mais dans une crise politique, sociale, philosophique, d’éducation, culturelle. C’est une crise holistique qui nous invite à nous réinventer, sans attendre que d’autres réinventent pour nous un monde auquel nous ne croyons plus et dont nous ne voulons plus.

Tous les signaux nous le confirment. Notre humanité vit la fin d’un système obsolète et le début d’une ère nouvelle. Le passage de l’ère de l’Aigle à l’ère du Condor, le passage de l’amour du pouvoir au pouvoir de l’amour.

Comme toute crise, ce passage nous invite à résister par moments et à lâcher prise à d’autres.

A mon père, ancien résistant du maquis breton, j’avais posé la question : Comment avez-vous fait pour tenir, alors que la France était sous l’occupation. Comment avez-vous survécu à la peur, aux emprisonnements, aux dénonciations, à la collaboration ? « Nous ne savions pas que la guerre durerait si longtemps, alors nous résistions au jour le jour. » M’avait-il répondu humblement. « Parfois nous perdions espoir, parfois nous avions foi. »

Nul ne sait combien cette période de transition durera. Mais c’est une transition, c’est une certitude. Cela nous demandera beaucoup de souplesse et de patience par endroits pour accueillir la transformation, laisser se dissoudre ce qui doit disparaître. Cela nous demandera, à d’autres moments, un positionnement fort, un alignement et une exigence à toute épreuve, pour maintenir notre libre arbitre et notre souveraineté. Personne ne peut nous rendre libre, la véritable liberté est un état qui se gagne de l’intérieur. S’équilibrer entre la résistance et le lâcher prise est une posture subtile qu’il est plus facile d’adopter lorsque notre cœur est ouvert et notre esprit aussi lucide qu’aiguisé. La période nous demande cœur d’enfant et un mental de résistant.

Alors, pour 2022, je fais le vœu que nous maintenions, quelles que soient les circonstances, notre cœur ouvert et notre esprit lucide et aiguisé.

Je fais le vœu que nous soyons chacun à l’écoute de notre sagesse intérieure qui connaît la route et le son de la vérité.

Je fais le vœu que notre système de santé devienne plus sain, plus préventif ; Que la médecine moderne et la sagesse des médecines ancestrales ne s’opposent plus mais devienne médecine intégrative. Cela dépend de nous et de notre rapport à notre propre corps et à notre ouverture.

Je fais le vœu que notre économie devienne plus éthique et que, pour cela, nous soyons de plus en plus nombreux à privilégier la sobriété heureuse, les circuits courts et l’économie régénérative. De plus en plus de réseaux, d’éco-lieux, de sites autonomes se créent ici et là. Ce sont des oasis dont nous aurons besoin.

Je fais le vœu que chacun modifie sa façon de travailler pour ne plus perdre sa santé à vouloir gagner sa vie. Notre vie nous est donné déjà à la naissance. Il n’y a qu’à œuvrer pour la célébrer.

Je fais le vœu que l’écologie soit respectueuse du vivant. Que nous adoptions avec le peuple animal et le peuple végétal une relation de sagesse et de cohabitation en réalisant que nous avons besoin les uns des autres. C’est une question d’intelligence et de survie.

Un vieux monde s’éclipse et un autre naît. Nous sommes de plus en plus nombreux à être conscients de cette nécessaire évolution.

La santé, l’abondance, les relations harmonieuses et l’amour ne sont pas des fruits du hasard, mais les résultats naturels d’une posture intérieure congruente.

Lorsque nous adoptons une posture juste, lorsque nous écoutons notre intuition, lorsque nous écoutons les besoins naturels de notre corps, de notre cœur, de notre âme et de notre environnement, nous oeuvrons naturellement pour ce monde auquel nous aspirons. Alors, nous n’espérons plus que la santé, l’abondance, l’enthousiasme et les rencontres favorables tombent du ciel. Nous avons compris notre pouvoir de les générer par le cœur.

Je vous souhaite, à chacune et à chacun une lumineuse année 2022. L’essentiel est en vous.


Arnaud RIOU


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